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Rage dedans

© Karl Autrique

Il part toujours de son vécu flambant le Piraux/mane ou d’observations de proches pour poétiser le monde, le rendre plus digeste.  Dans ce cas, il revient de loin et a frisé la cata finale. A deux jours d’une première au Poche, il y a un an, panique à bord et plouf, il plonge dans une déprime existentielle majuscule. On dit "burn out" quand on dépend d’un patron implacable, mais ici il est son propre patron ! Bourreau et victime à la fois, un cas d’école rare ?

Le spectacle part des bords, les circonstances, les détails, les anecdotes tragi-comiques décrites le plus concrètement possible et qui cicatrisent les plaies par le sourire. Une chaise branlante, trois pieds sur quatre sur laquelle il se hisse, voilà figuré le gouffre du déséquilibre vécu. La hantise des ratés de virilité et le voilà qui se déguise en femme. Mais là on est passé des bords au "centre", l’amour, la difficulté de le vivre au quotidien, d’admettre que c’est pour toujours mais pas tous les jours.

Le texte plein de trouvailles heureuses se nourrit de mime et de la souplesse d’un corps bondissant qui agrippe l’attention.  Avec ce regard à la fois naïf et lucide, angoissé et amusé qui met le malheur à distance et fait le charme de ce comédien fou de son public.

Est-il né clown Jean-Luc Piraux? Avec lui, pas besoin de masque, de boule rouge sur le nez.  De spectacle en spectacle, il est un gentil auguste, déroulant avec une simplicité désarmante son tapis de malheurs qu'il nous offre en partage. Simplement délicieux et tonique. C.J.


Rage dedans de et avec Jean-Luc Piraux.

Création à l’Atelier Théâtre Jean Vilar.

Une création du Théâtre Pépite en coproduction avec l’Atelier Théâtre Jean Vilar, le Théâtre de Poche, le Théâtre de Namur et DC&J Création.

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